Cancer, dépression, sclérose : les bienfaits multiples du Safran

Un mythe grec raconte la naissance du safran. Elle présente l’histoire d’un jeune homme (Crocos) en amour de la nymphe Smilax et ami d’Hermès (dieu des marchands et des voleurs) qui reçoit accidentellement, durant une partie de lancer de disque, celui d’Hermès sur la tête. Trois gouttes de sang tombent de sa blessure sur la terre et de ces gouttes pousse une petite fleur mauve, la fleur de safran, qui devint ainsi un symbole de résurrection et de vie éternelle.

Son histoire

L’apparition la plus lointaine du safran date de la préhistoire, où il fut utilisé comme teinture pour peindre sur les murs. On le retrouve ensuite chez les Sumériens, il y a 5 000 ans, comme ingrédient dans la création de potions. On le mentionne pour ses vertus médicales en Chine, 2 700 ans avant JC puis en tant que plante médicinale en Egypte, 1 550 ans avant JC.

Sa culture débute en Grèce, il y a près de 4 000 ans, et l’épice se répand rapidement en Europe. Aujourd’hui, le safran est cultivé un peu partout en France, mais les grands pays producteurs demeurent l’Irak et le Cachemire.

Sa culture

La plante n’aime pas les sols qui conservent une grande quantité d’eau et elle a besoin de grandes périodes d’ensoleillement. On procède à la plantation durant les mois d’été et on récolte les fleurs sur une période de 4 à 6 semaines à l’automne. Une fois séchés, les stigmates doivent être entreposés dans des bocaux en verre hermétiquement fermés et à l’abri de la lumière. Pour obtenir un kilo de safran, il faudra récolter 150 000 fleurs.

Ses composants et éléments actifs

Le safran contient plus de 150 composés volatils et aromatiques. Son arôme et sa couleur jaune lui proviennent majoritairement de ses caroténoïdes (pro-vitamine A). Certaines de ses substances possèdent des propriétés anti-oxydantes, anti-cancéreuses, antimutagènes et immuno-modulatrices.

Le safran est un complément alimentaire riche en magnésium, en potassium et en vitamine C, particulièrement recherché pour ses substances anxiolytiques : la crocine et le safranal. Ces éléments chimiques se décomposent rapidement en présence de lumière et d’agents oxydants ce qui explique pourquoi il est si important de conserver le safran loin de l’air et de la lumière.

Ses bienfaits

Le safran est reconnu depuis l’Antiquité pour une variété de propriétés médicinales. Au départ, on l’utilisait pour traiter presque tous les maux, de la dépression à l’indigestion. Aujourd’hui, des études ont démontré scientifiquement certains de ses bienfaits.

Antioxydant et anticancéreux

Ce sont les caroténoïdes (provitamine A) dans la composition du safran qui possèdent des propriétés anticancéreuses, antimutagènes et immuno-modulatrices. Il est également riche en antioxydants ce qui lui permet d’agir comme un anti-âge, en luttant contre les radicaux libres et donc contre le vieillissement.

Analgésique

Le safran peut servir d’analgésique en usage externe, pour les douleurs causées par des troubles de la dentition. Mais cette propriété a surtout été utilisée pour lutter contre les douleurs menstruelles, et ce, depuis l’Antiquité.

Antidépresseur

Une des qualités médicinales les plus reconnues du safran est son action d’antidépresseur. De nombreuses études ont été faits sur le sujet et prouvent qu’il agit réellement sur l’humeur.

Le safran se marie aussi très bien à d’autres produits naturels afin de favoriser certaines propriétés thérapeutiques. En voici quelques exemples :

  • Pour stimuler la digestion : le boldo, le chardon-marie, le gingembre et le radis noir ou ajouter à des infusions à base de menthe ou de verveine
  • Pour lutter contre les infections respiratoires : la camomille et l’eucalyptus (en inhalation)
  • Pour soulager les gencives : la propolis et le gel d’Aloe vera
    Pour lutter contre la dépression : le millepertuis
  • Pour combattre la fatigue : l’hibiscus, l’éleuthérocoque, le maté et le ginseng

Mode d’emploi

En cuisine, le safran doit être utilisé à petite dose, car son goût peut devenir rapidement très amer.

Pour une utilisation thérapeutique, la posologie variera en fonction des troubles traités. Il est préférable de se renseigner auprès d’un médecin avant d’entreprendre une cure. De manière générale, la dose conseillée se situe entre 15 mg et 30 mg par jour.

Le safran est sans danger, sauf à très forte dose (20 g par kilo de poids), alors qu’il peut causer des troubles digestifs et des étourdissements.

Choisir son safran

Le prix du safran est si élevé qu’il existe sur le marché un « faux safran » à base de fleurs séchées de carthame, de souci ou de chrysanthème. Certains fraudeurs le recoupent aussi parfois avec d’autres épices comme le curcuma ou le paprika.

La meilleure façon de connaître la qualité du safran est de vérifier sa couleur qui devrait être rouge vive et non orangée. Lorsqu’il est possible de le sentir, on doit rechercher une odeur puissante, synonyme de qualité.

Afin de réduire les risques de fraude, l’Organisation internationale de normalisation a décidé de catégoriser les différents standards de safran, regroupés sous la norme ISO 3632. Cependant, une grande majorité de cultivateurs, de commerçants et de consommateurs ne reconnaissent pas la validité ce classement scientifique, préférant juger de la qualité du safran via ses 3 caractéristiques principales : son goût, son arôme et son parfum.

Vincent F.

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