La culture du safran 

La culture du safran exige plusieurs étapes et des connaissances diverses. Quelles sont-elles et comment parvient-on à maintenir une plantation de safran en bonne santé ?

Commencer par un essai

Lorsque l’on songe à s’établir dans la culture du safran, il est préférable de commencer par un essai en cultivant une parcelle de quelques milliers de bulbes. La floraison moyenne étant de 50 %, on peut envisager que 2000 bulbes rapporteront, la première année, de 5 à 7 grammes de safran sec. Évidemment, cela ne tient pas compte de conditions météorologiques précises et d’autres facteurs qui pourraient venir modifier la floraison et la collecte finale.

Cet essai permet de toucher à toutes les facettes de la culture du safran, afin de mieux la comprendre et de déterminer si on possède les capacités nécessaires pour répondre à chacune d’elles.

En premier lieu, on procède à la culture ce qui implique de s’occuper de la plantation, du désherbage, de la lutte contre les éléments nuisibles, de la récolte et de l’émondage. Ensuite, vient la phase de transformation. La dernière étape, mais non la moindre, est la commercialisation. Il faudra faire une étude de marché auprès des restaurateurs, des traiteurs et de la grande distribution afin de trouver un réseau d’acheteurs pour les produits.

Les différents éléments qui interviennent dans la culture du safran

Le sol

La culture du safran peut avoir lieu dans presque tous les jardins de France. Elle n’exige principalement qu’une terre bien drainée qui conserve le moins d’eau possible suite à des fortes pluies. En effet, une eau stagnante à profondeur de bêche asphyxierait les bulbes et les ferait pourrir. Les meilleures terres sont donc des limons peu argileux et légèrement calcaires.

Le climat

Le safran s’accommode de presque tous les climats que l’on retrouve en France. Ce dont il a besoin, en revanche, est de pluies automnales pour sa floraison et à nouveau au mois de mars pour lui permettre de faire grossir ses bulbes. Afin d’éviter de perdre ses bulbes lors de grandes gelées, il est conseillé de pailler ou d’installer des bâches sur les routes plantées.

L’exposition au soleil

Une plantation de safran se doit d’être exposée sud-sud-est, car il a besoin de tous les rayons de soleil qu’il peut absorber. Il faut donc s’assurer que la nature qui l’entoure ne bloque pas son ensoleillement.

Les étapes liées à une plantation de safran

La préparation de la terre

Tout d’abord, la terre doit être ameublie à une profondeur de 25 à 30 cm à l’automne précédant la plantation. Ensuite, il faut désherber le terrain, le tasser puis planter les cormes à 10 cm de profondeur dans les régions où les risques de gelées sont peu importants et entre 15 et 20 cm pour les autres.

La plantation

La plantation doit s’effectuer sur un terrain propre (sans herbes, feuilles et grosses mottes de terre) entre le début juillet et le début septembre. Les bulbes doivent être plantés en ligne, chacune d’elles espacées de 25 cm. Un espacement de 8 à 15 cm doit aussi séparer les bulbes, car elles se démultiplient en moyenne par 4 durant la première année. Celles-ci devront être remplacées après 5 à 6 années.

Le terrain sur lequel on plante le safran ne doit pas avoir été précédé par des cultures de pommes de terre, d’asperge ou de blé. Celles-ci peuvent être porteuses de maladies fongiques qui s’attaquent aussi au safran et pourraient ainsi décimer la plantation.

Le suivi du terrain de la plantation

Le terrain doit être désherbé régulièrement. Les racines des mauvaises herbes peuvent percer le bulbe et le détruire. Il faut donc biner ou ratisser toute la surface plantée afin de les enlever.

La cueillette, l’émondage et le séchage

La floraison se produit en octobre et la cueillette des fleurs doit avoir lieu tous les jours, puisqu’une fleur de safran vit un maximum de 48 heures. Une fois récoltée, il faut séparer délicatement la fleur de son pistil à l’aide d’un ciseau (l’émondage) puis les faire sécher à une température de 50 à 60° en four traditionnel pendant 15 à 30 minutes, selon la quantité à sécher.

Conservation

Le safran doit être conditionné en petites quantités dans des pots en verre fermés hermétiquement, que l’on conservera dans un endroit frais et sec, sans luminosité.

Suivi et protection de la plantation

Rotation des cormes

Sur une rotation de 3 ans, il faut procéder à l’arrachage des cormes durant l’été. Pour ce faire, on déterre chaque groupe de bulbes délicatement puis on les sépare. Une fois le bulbe d’origine retiré, on doit les laver avant de les sécher au soleil.

Protection contre les ravageurs et les maladies

Les rats, mulots, campagnols et taupes sont nuisibles aux plantations de safran. Ils s’attaquent aux bulbes et détruisent le terrain alors que les lièvres et les lapins, eux, mangent les fleurs.

Bien que le safran soit une plante résistante, des fongicides tels que le tacon, le fusarium et le rhizoctonia crocorum ou rhizoctone violet peuvent s’y attaquer. Il faut donc bien entretenir sa plantation afin de les protéger de ces maladies.

Vincent F.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Revenir en haut de page